AccueilNews › Des nichoirs 4 étoiles pour le Paille-en-queue !

Des nichoirs 4 étoiles pour le Paille-en-queue !

Le Paille-en-queue, oiseau emblématique de la Réunion, est le symbole même de l’île tropicale et de tout l’Océan Indien. Depuis plusieurs années, il est confronté à la modification de ses sites de nidification. Afin de sécuriser les routes côtières, des filets de protection métalliques ont été posé sur les falaises de bord de mer dans lesquelles il nichait auparavant. L’espèce s’installe désormais dans les sites d’escalade, créant ainsi une cohabitation délicate avec les grimpeurs.

 Pour tout connaître sur le projet, cliquez ici !

 

Pour prévenir les conflits d’usage, la Société d’Etudes Ornithologiques de la Réunion s’est rapproché du Comité régional d’escalade de la Fédération Française de la Montagne et de l'Escalade,afin de développer des sites susceptiblesd’accueillir le Paille-en-queue.Ensemble, ils ont ainsi aménagé des zones « tampons », situées en dehors des voies d’escalade, pour y installer des nichoirs artificiels. Concilier la protection d’une espèce et la pratique de l’escalade en falaise est un des objectifs de la Fondation Petzl, pour partager l’espace et permettre aux oiseaux de se reproduire en toute quiétude.

 

 

 

 En novembre 2011, 4 nichoirs ont été posés avec l’aide des grimpeurs qualifiés de la Fédération française de la montagne et de l’escalade (FFME), qui ont encadré toutes les opérations sur corde.Ces nichoirs ont été composés de façon à prendre en compte la morphologie particulière du Paille-en-queue. Cet oiseau a une envergure d’environ 1 mètre et possède de petites pattes positionnées très en arrière du corps, lui rendant tout déplacement au sol difficile. Le nichoir est conçu pour intégrer une planche d’envol suffisamment large pour qu’il puisse se poser sans difficulté. La loge du nichoir est constituée d’un tube de PVC de 20 cm de diamètre et long de 80 cm, imitant les tubes de lave très souvent choisis par cette espèce.

 

 

 

 La forme arrondie du tube permet à l’oiseau de se déplacer sans difficulté à l’intérieur de la loge.Les oiseaux sont également sujets à un fort risque de prédation induite par les rats, lorsqu’ils nichent dans les falaises. De nombreuses déjections de rats ont été trouvées à plusieurs reprises à différents endroits des parois. Les rats parviennent à escalader et à circuler sur les zones accessibles pour atteindre des sources de nourriture, dont les œufs de Paille-en-queue dans les nids. Les oiseaux font partie des espèces impactées à deux stades critiques : lors de l’incubation et durant les premières semaines de nourrissage du poussin. Le Paille-en-queue ne fait pas exception à la règle et la conception du nichoir doit intégrer les éléments permettant de limiter, voir d’empêcher l’accès aux rats. La casquette située au dessus de la loge déborde largement devant l’entrée de la loge obligeant le rat à se jeter dans le vide sans assurance de se rattraper sur l’entrée du nichoir.

 

De plus, ces abris doivent être conçus de manière à limiter la chaleur à l’intérieur de la loge. En falaise, durant l’été austral la température peut monter de façon très importante et peut avoisiner les 50°C. Un système d’isolation naturelle a été retenu en utilisant une casquette permettant la circulation de flux d’air permanent entre celle-ci et la loge.

 

Les matériaux utilisés doivent résister aux contraintes météorologiques très fortes de La Réunion. La période cyclonique qui a lieu de janvier à avril apporte chaque année des perturbations accompagnées de précipitations très importantes et de vent violent. Le PVC, matériau retenu pour la réalisation des prototypes résiste parfaitement à l’eau. L’assemblage du nichoir évite également des prises au vent importantes. La fixation des prototypes en falaise et leur sécurisation a été réalisée avec l’aide de la FFME qui possèdent matériels et compétences.

 

 

 

Enfin, les nichoirs sont conçus pour fonctionner sans entretien particulier. Une maintenance spécifique est prévue sur les prochains prototypes pour vérifier le système de caméra embarquée permettant de suivre l’occupation du nichoir.

Pour répondre aux contraintes d’intégration environnementale, les nichoirs sont traités de manière à s’intégrer visuellement au mieux dans les falaises. Ainsi, ils sont davantageattractifs pour les Paille-en-queue, mais aussi moins visible du public, ce qui limite tout dérangement ou acte de vandalisme.

La prochaine étape prévue en 2012 est le déploiement de nichoirs sur 2 sites supplémentaires

  

 Vous pouvez également consulter le rapport 2011 du SEOR concernant le paille-en-queue.

 

 


«Passionné de nature, je passe beaucoup de temps à observer les oiseaux les deux pieds sur terre ! Avec le projet Paille en queue, je me suis retrouvé les deux pieds dans le vide… J’ai ainsi pu apprendre les rudiments de la pratique de l’escalade et plus précisément, la descente sur corde. L’inventaire de cavités naturelles de la falaise, la prospection et la pose des nichoirs ont été pour moi, des moments forts, riches en adrénaline !  »

 

 

 

 

 

 

 

François Xavier Couzi, directeur de la SEOR