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L’écotourisme pour protéger les Tsingy, la Forêt de Pierre de Madagascar

Madagascar constitue une des priorités mondiales en termes de conservation de la biodiversité, mais la déforestation intensive qui y sévit entraînera à terme la disparition de la forêt primaire. Pour en préserver les espèces endémiques, des Aires Protégées ont été créées, dont celles de Bemaraha et de l’Ankarana, qui préservent les Tsingy, ces « forêts de pierre ». Certaines parties des Tsingy ont été aménagées pour les rendre accessibles aux visiteurs, permettant ainsi des ressources économiques pour les habitants de ces zones pauvres et reculées. Avec le soutien de la Fondation Petzl, l’association Antsika aide à entretenir leurs aménagements.


 

Les Tsingy du Bemaraha offrent l'un des paysages les plus spectaculaires de la Grande Île. Ici, les lapiaz forment de véritables cathédrales de calcaires sculptés en lames ou en aiguilles acérées : en malgache, tsingy signifie « où l'on ne peut pas marcher pieds nus »… Jean-Claude Dobrilla, explorateur – spéléologue, s’y est aventuré. Pour aider les malgaches à entretenir ces parcs, il a créé l’association Antsika ,« ensemble » en malgache. Son but : aider les populations locales à vivre de leurs ressources naturelles tout en les préservant.
 

 

LE PARC NATIONAL DES TSINGY DE BEMARAHA

Classé site du patrimoine mondial de l’Unesco en 1990, le Parc National des Tsingy du Bemaraha est le plus vaste site protégé de Madagascar (152 00 ha). Vu du ciel, le spectacle est fascinant, des hautes lames calcaires s’étendent à perte de vue, séparées par des profondes crevasses où la lumière se perd dans une multitude de passages souterrains. Ce relief  exceptionnel en fait un milieu hostile, encore quasiment inexploré et un laboratoire grandeur nature pour les générations futures.
 

 

 

 

 

 LES AMENAGEMENTS DU PARC

Seuls des spécialistes expérimentés pouvaient jusqu’alors accéder dans ces milieux grandioses et inhospitaliers. C‘est un véritable défi pour l’être humain de progresser à l’intérieur des Tsingy, au milieu de ces lames verticales coupantes comme des rasoirs, des falaises vertigineuses, des gouffres profonds et des galeries souterraines labyrinthiques : cela nécessite d’excellentes techniques d’évolution en milieu vertical et en spéléo !

Après plusieurs campagnes d’explorations des zones ont été sélectionnées en fonction de leur intérêt touristique. Des aménagements simples et s’intégrant bien dans le site ont étés conçus pour permettre aux visiteurs de se déplacer dans l’univers magique des Tsingy. Le projet a été financé par L’Union Européenne. L’aménagement du Parc s’est échelonné sur 9 ans. Actuellement 8 circuits de difficultés variées sont ouverts au public.

 

Avec le soutien de la Fondation Petzl, l’association Antsika aide à entretenir les aménagements du parc de Bemaraha et de la réserve d’Ankarana, célèbre pour son lac vert niché au fond d’un profond cirque naturel. Ainsi, lors de ses missions, Jean-Claude Dobrilla vérifie, répare, sécurise l’ensemble des circuits, dont les ponts suspendus et passerelles qui surplombent les pointes acérées des Tsingy. Une fois cela fait, il forme les agents des parcs et les mains d’œuvres locales à l’entretien, organise des stages de recyclage et de formation « Circuit sportif » pour les guides… Un travail essentiel, pourtant invisible pour les visiteurs !
 

 

 

 

LE TOURISME FACTEUR DE DEVELOPPEMENT DURABLE

Dans les parcs de Bemaraha et de l’Ankarana, les Tsingy sont totalement inaccessibles sans ces aménagements. Aujourd’hui, les habitants locaux ont des revenus grâce aux touristes venant visiter ces parcs, comme les guides, chauffeurs de 4x4, tous ceux qui travaillent dans les hôtels et restaurants et leur famille. A Bemaraha, ces retombées concernent au moins 2 000 personnes. L’arrivée du tourisme a été une ouverture pour ces zones pauvres et reculées. L’entretien de ces aménagements et les ressources économiques que cela entraîne ont donc des répercussions importantes sur le développement local.
 

 

 

 

 

« J’ai été consultant en écotourisme pour les parcs naturels de Madagascar de 1996 à 2006. Mon travail consistait à créer et à aménager des circuits touristiques dans des sites rocheux très difficiles d’accès, dont le Parc Naturel des Tsingy de Bemaraha. L’entretien de ces aménagements est lourd pour l’administration des parcs de Madagascar.De cette constatation est née l’idée de créer cette association qui intervient, à la demande des Malgaches, en appui dans les secteurs spécifiques qui leur posent problème », explique Jean Claude Dobrilla.


Association Antsika - Madagascar