Népal, centre de formation aux métiers de la montagne
A une heure de voiture au nord de Katmandou, une petite bâtisse adossée à un mur d’escalade se dresse sur une crête à 2 000 m d’altitude. C’est sur le site du futur mémorial de la montagne appartenant à la Nepal Mountaineering Association (NMA) que sont dispensées depuis trois ans des formations de base aux métiers de la montagne par des équipes d’encadrants français et népalais, avec le soutien de la Fondation Petzl.
A quoi ressemble le site ?
Patrick Magnier : Le bâtiment compte trois salles de classe, entièrement rééquipées par la Fondation Petzl, qui se révèlent à l’usage plus ou moins polyvalentes : l’une abrite la bibliothèque, l’autre sert de réfectoire tandis que la dernière salle de cours se transforme le soir en dortoir. Il y aussi un beau mur d’escalade de plus de 10 m de haut, qui pour l’instant n’est équipé qu’en partie. Sunar Gurung, premier Népalais à avoir obtenu un diplôme international de guide de haute montagne, en est le directeur technique.
Patrick Magnier : Aussi bonnes qu’on puisse l’imaginer dans un pays comme le Népal. Les communications sont parfois interrompues pendant quelques semaines pour des raisons techniques, c’est donc un peu difficile. Depuis qu’ils ont bien compris que nous n’avions pas l’intention d’empiéter sur leurs formations, les membres de la NMA jouent complètement le jeu. Leur collaboration assure un caractère officiel au programme.
Ces stages sont-ils payants ?
Patrick Magnier : Oui. C’est la NMA qui fixe malheureusement le coût des inscriptions. Il est à mon avis bien trop élevé par rapport au prix de la vie au Népal. C’est l’un des points sur lequel nous allons devoir travailler dans le futur. Il n’y a pas encore vraiment de sélection et le recrutement, actuellement entre les mains de la NMA, s’effectue un peu trop par copinage. J’aimerais pouvoir mettre en place une vraie sélection et pouvoir l’ouvrir à des gens motivés qui n’ont pas forcément les moyens.
Combien y a-t-il de stages tous les ans et qu’y apprend-on ?
Patrick Magnier : Jusqu'à maintenenant nous avons organisé 5 sessions, dont 3 semaines en hiver et 2 en été. De 12, nous sommes dans les faits passés à 15 candidats par session, ce qui fait donc 75 stagiaires formés par an. Le programme est aussi bien théorique que pratique : encordement, assurage, évacuation par le haut, sauvetage en crevasse ou en paroi…. C’est l’occasion de revoir des domaines aussi divers que les bases techniques liées à la sécurité, la lecture d’une carte, la physiologie de l’altitude, l’écologie, la nivologie, l’histoire de l’Himalayisme, la conduite de groupe ou l’alimentation en trek.
Notre ambition est de rendre les stagiaires conscients des problèmes de sécurité lorsqu’on conduit un groupe en montagne et leur apporter une culture générale du milieu. Pour aller plus loin, on pourrait enfin imaginer que cette école, en prenant de l’importance, puisse servir non seulement aux futurs accompagnateurs et guides, mais aussi aux moniteurs de canyoning, de VTT, de kayak et de raft, voir même de parapente. Toutes ces activités se sont très vite développées au Népal et elles auront sans doute besoin des mêmes bases de formation.
Qu’est-ce que la Fondation Petzl a financé ?
Jean-Jacques Eleouet, Secrétaire Général de la Fondation Petzl: Nous avons assuré le financement du plan et des outils de formation, et nous avons réalisé un mémento technique de 280 pages. Nous avons également offert le matériel technique, pris en charge les défraiements des bénévoles ou salaires des formateurs tant français que népalais, ainsi que l’aménagement complémentaire des salles et du mur d’escalade.
Comptez-vous rester impliqués encore longtemps ?
Patrick Magnier : Nous oeuvrons pour que le centre soit autonome d’ici 2010. A nous de lui donner les moyens de l’être vraiment, avec des solutions locales. En relation avec les institutions internationales, nous recherchons des solutions de financement, qui pourraient passer par du sponsoring, des financements privés locaux ou des partenariats. Dans ce domaine tout est possible.
Jean-Jacques Eleouet : Si ça ne fonctionne pas, nous nous replierons. Il faut absolument que les Népalais, qui tardent encore à prendre leurs responsabilités, prennent en main l’organisation de leur système de formation. Nous travaillons avec eux en ce sens.
MiniBio Patrick Magnier
Ses passions : Photo, Taichindo (un art martial assez confidentiel), croisière hauturière, parapente
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