Vers un nouvel envol du refuge de l'aigle
Après la controverse des dernères années, la Fondation Petzl a joué un rôle pivot pour le rapprochement des points de vue autour de l’avenir du fameux refuge de l’Aigle dans l'Oisan. Une troisième version du projet d'architecture, financée par la fondation, permet de répondre au respect du site et du bâtiment actuel, tout en satisfaisant les besoins d’aujourd’hui et de demain.
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Refuge de l'aigle : vers une nouvelle solution (21-09-2010) ;
Le refuge de l'aigle ne sera pas détruit (20-12-2009).
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Que l’on revienne de la traversée des arêtes, du Grand Pic au Doigt de Dieu, ou que l’on parte vers la Meije orientale, une nuit au refuge de l’Aigle (3 440 m, Oisans) laisse un souvenir inoubliable. Cette petite cabane de 18 places, construite en 1910, a conservé l’organisation traditionnelle des refuges en une seule pièce, partagée entre les châlits et la salle à manger. En harmonie avec un petit bec rocheux, ce frêle édifice est aussi l’unique trace d’humanité dans cette face austère qui domine la Romanche.
Lorsque le Club alpin a envisagé la destruction de cette bâtisse historique pour faire place à un refuge moderne de 30 places, la fondation a soutenu les nombreux alpinistes, opposants à ce projet, au nom de l’histoire, de la transmission de la mémoire et du respect du site. Notamment avec l’aide de la fondation, l’association des Amis du refuge de l’Aigle a obtenu gain de cause devant le tribunal administratif, qui a annulé le permis de démolir de l’actuel refuge.
Après la discorde, c’est la recherche d’un consensus qui a prévalu. Un comité de pilotage a rassemblé de très nombreux acteurs de la montagne et les institutions concernées. Cela a permis de faire valoir une idée forte : si le bâtiment est de la responsabilité de la commune et du club alpin, l’avenir d’un tel patrimoine concerne bien toute la communauté, au service de laquelle la fondation entend agir.
En janvier 2011, le comité de pilotage devait se prononcer entre deux projets : l’un prétendait préserver « l’esprit de l’Aigle » en rasant le bâtiment actuel, tandis que l’autre conservait la bâtisse et répondait aux besoins actuels par une annexe, dont la fondation avait demandé l’étude. Les positions se figeaient à nouveau et l’on partait vers une nouvelle discorde. Alors que le bâtiment a besoin d’être consolidé face aux éléments naturels, le risque était de perdre encore de nombreuses années, en laissant à la Justice le soin d’arbitrer une querelle que la communauté n’aurait pas su résoudre.


Légende photos : la structure en bois du refuge actuel serait préservée et réhaussée pour offrir un niveau de couchage supplémentaire.
Crédit photo : Atelier 17C
C’est pourquoi la Fondation Petzl a pris l’initiative de financer une troisième version du projet, confiée au même cabinet d’architectes, avec pour mission de trouver une synthèse entre les attentes de toutes les parties. Cette nouvelle version (voir photos de la maquette) permet de préserver le bâtiment dans sa structure actuelle, sa matière et son mobilier, tout en préservant ce patrimoine unique d’une dégradation inéluctable. Les adjonctions utiles sont faites dans le respect de l’esprit des lieux, de son histoire et du caractère unique du site, tout en répondant aux attentes du Club alpin et des guides (nombre de places porté de 18 à 29, local du gardien plus confortable, rangements plus vastes, respect des normes de sécurité, etc.).
Il s’agit bien entendu d’un compromis, la forme du bâtiment est conservée, l’intérieur également, mais il s’intègre dans une coque en bois plus longue, et légèrement plus haute et plus large. Les éléments non conservés (ouvertures, revêtements) sont aujourd’hui dégradés ou ne sont pas d’origine. D’autres questions sont encore en débat : revêtement bois ou tôle, terrasse, toilettes. Ce compromis satisfait presque toutes les parties, y compris des opposants au projet initial, comme le Groupe de haute montagne. Toutefois, une partie de l’association des Amis de l’Aigle, dont la majorité de son conseil d’administration, s’est prononcée contre. Nous leur avons expliqué qu’une position jusqu’au-boutiste ferait de l’ombre au travail très utile qu’il avait fait jusqu’à présent.
Si le consensus n’est pas complet, on s’en est rapproché. Surtout, l’idée d’un patrimoine commun des refuges a fait beaucoup de chemin. Nous souhaitons que cela puisse permettre d’envisager d’autres projets dans un nouvel esprit, avec davantage de concertation préalable.
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